Manger bien, c’est cher ?

Il y a quelques jours, j’ai eu un échange assez houleux sur Facebook sous une de mes publications, qui traitait des conditions de travail inadmissibles dans le hard discount, chez Lidl pour être plus précise, suite à l’enquête de Cash Investigation. Cet échange a vite dévié sur le coût de la vie et l’impossibilité pour les ménages à faibles revenus d’accéder à des produits bio, ou du moins de pouvoir faire leurs courses ailleurs que chez les discounters.

Je suis tout à fait d’accord qu’un produit bio, de par sa production, est forcément plus cher qu’un produit issu de l’agriculture ou de l’industrie traditionnelle ; que les petits magasins de vrac ou de produits locaux ont souvent des coûts de fonctionnement et des conditions d’achat moins bonnes que ce que la grande distribution négocie grâce à ses volumes immenses (sans parler de la qualité ou non-qualité de ses produits), ce qui impacte directement leurs prix de vente, et les rend souvent inaccessibles aux petits budgets. Mais je suis persuadée qu’on peut trouver des alternatives aux discounters pour manger bien/mieux même avec un budget serré.

J’ai vécu plusieurs années en Allemagne, pays d’origine d’Aldi, Lidl, Penny, et autres Norma, ces discounters tant décriés pour leurs conditions de travail. J’y ai fait mes études, puis travaillé, à l’époque avec un petit salaire qui couvrait tout juste le loyer et les charges, donc forcément mon budget alimentation était très limité. J’ai usé et abusé de ces chaînes de supermarché, avant de me rendre compte que le primeur turc du coin n’était pas plus cher, qu’il proposait aussi des produits bio et que niveau qualité, il n’y avait pas photo, les produits frais étaient meilleurs. Puis je suis rentrée en France et j’ai continué à chercher des alternatives aux supermarchés, en me concentrant sur l’offre local et bio quand c’était possible.

Après maintenant des années à faire mes courses en marge des grandes surfaces et des chaines « discount », j’ai réussi à trouver de réelles alternatives aussi bien économiquement qu’écologiquement aux produits de la grande distri. Cela demande parfois un peu d’huile de coude en cuisine, ainsi qu’une réorganisation des courses avec plusieurs points de vente au lieu d’un seul et unique gros supermarché. Mais au final mon budget alimentation n’est pas plus important que quand je faisais mes courses quasi exclusivement en supermarché, par contre une grosse partie des aliments est désormais bio/issue de l’agriculture raisonnée ou locale ou issue du commerce équitable… Et niveau goût il n’y a pas de comparaison possible.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *